audio mp3 16'07
Ce n'est pas une émission rigolote, mais comme j'ai retrouvé ce document avec bonheur et un rien d'émotion dans les Archives à Lino, j'ai tenu à vous l'offrir sur OH! LA RADIO, dont l'une des devises est "Ne jamais décevoir, toujours surprendre" (c'est exigeant, certes, mais bon...)
Jess HAHN, acteur d'origine américaine, né dans l'Indiana en 1921, que vous avez croisé dans un paquet de films, cette armoire à glace à l'accent 100% US, a fini sa vie à Pleurtuit, près de Dinard, en Bretagne, dans une petite baraque. Il est mort à Saint-Malo en juin 1998, sans faire de bruit, laissant un chat, Smitty. Je l'avais rencontré dix ans plus tôt, pour ma première émission sur France Inter. Et je n'ai jamais oublié ce bonhomme, ni sa voix, ni son amour pour Michelet, ni son surprenant credo sur les vertus du sport pour nos gamins! L'entretien est là. Vous apprécierez sans doute cette formidable voix, alliant puissance et douceur. "La Douceur", c'était précisément son surnom dans "Cartouche" de Philippe de Broca avec Belmondo.
C'est l'histoire d'un petit gros qui trouve des potes en faisant du sport, qui vient libérer la France, avec les Marines, qui s'installe ici en 49, qui joue du jazz dans les cabarets et se voit confier un grand rôle par Eric Rohmer. Ensuite, il fait les costauds amerloques auprès de Lino Ventura (Les Barbouzes), Bourvil (Les Grandes Gueules) et bien d'autres. C'est l'histoire d'un type qui cite Michelet, prend sa bagnole pour filer des coups de main aux agriculteurs du coin quand il a faim. Puis un jour, il pose sa batte de base-ball, ses grosses paluches, et son putain d'accent, dans l'hosto de la cité corsaire...je vous envoie à vous, cette interview de Jess et je lui balance à lui, là où il sommeille, un beau lecteur de cassettes...pour le sport.
Un peu fêlé, mais pas méchant, Jess!
p.s.: j'aime les gens fêlés, disait Audiard, ils laissent passer la lumière...















Superbe ! Quel bon moment en compagnie de cet acteur exceptionnel. Merci à vous
Rédigé par : olivier | 21 octobre 2010 à 09:14
J'ai eu la chance d'être une amie de cet homme autodidacte jusqu'à refuser des rôles au bénéfice de ses nombreux centres d'intérêt dont la lecture la poesie le chant lyrique le golf et bien sur le foot américain.
Quant à sa maison elle faisait partie de ces maisons construite principalement en verre sur les plans d'un des élèves de Le Corbusier et faisait 250m2 au milieu d'un très grand terrain volontairement laissé sauvage.
Son décès fut ressenti par ses amis comme un immense vide, lui qui était toujours là pour appaiser les maux des autres et qui mourut dans de grandes souffrances.
Rédigé par : Brigitte | 08 avril 2009 à 11:28
Emouvant. En plus du reste, il avait une vraie voix, un mélange accent-diction qui n'appartenait qu'à lui. Belle archive.
Rédigé par : Pop9 | 06 avril 2008 à 23:21
J'aimais bien ce mec-là, l'américain...
Merci Serge, pour ce moment un peu fêlé, mais pas méchant...
Rédigé par : Walter Proof | 06 avril 2008 à 21:39